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Métiers et IA

L’IA va-t-elle remplacer les métiers ? Ce que disent vraiment les études

Des métiers qui changent, d’autres qui reculent ou qui grandissent, des débutants en première ligne : trois grandes études expliquées, et quoi en faire dès le lycée.

Tu as sans doute entendu dire que l’intelligence artificielle allait « remplacer » des métiers. La réalité, d’après les études les plus solides, est plus nuancée : la plupart des métiers vont changer de l’intérieur, certains vont reculer, d’autres vont grandir. Voici ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas encore, et ce que tu peux en faire dès le lycée.

Ce que disent trois grandes études

1. La plupart des métiers vont se transformer

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), un travailleur sur quatre dans le monde occupe un métier exposé, à un degré ou à un autre, à l’IA générative. Mais l’OIT conclut que la plupart de ces emplois seront transformés plutôt que supprimés : l’IA prend en charge certaines tâches, et le reste du métier évolue autour d’elle.

L’OIT note aussi que les progrès de l’IA pour produire de la voix, des images et des vidéos ont augmenté l’exposition de certaines tâches liées aux médias. Autrement dit, ce ne sont pas des métiers entiers qui basculent d’un coup, mais des tâches, une par une.

2. Des métiers reculent, d’autres grandissent

Le Forum économique mondial a interrogé de grands employeurs sur leurs prévisions. D’ici 2030, ils anticipent dans le monde 170 millions d’emplois créés et 92 millions supprimés, soit 78 millions d’emplois de plus au total. Ce sont des projections, pas des certitudes, mais elles donnent une direction.

  • Les métiers qui grandissent le plus vite (en proportion) sont liés au numérique : spécialistes des données, de l’IA, de la fintech et de la sécurité, développeurs de logiciels.
  • Les métiers qui créent le plus d’emplois (en nombre) sont souvent des métiers de terrain et de contact humain : agriculture, livraison, bâtiment, vente, soins infirmiers, travail social, aide à la personne, enseignement.
  • Les métiers qui reculent le plus sont surtout des métiers de bureau : caissiers et guichetiers, assistants administratifs et secrétaires de direction, employés de l’imprimerie, comptables et auditeurs.

Un métier en recul n’est pas un métier fermé : il recrute moins, et il change. Un comptable qui sait conseiller et analyser n’exerce pas le même métier qu’il y a vingt ans.

3. Les débutants sont les premiers concernés

C’est l’étude la plus récente, et la plus importante pour toi. Des chercheurs de l’université Stanford suivent l’emploi aux États-Unis à partir des données du plus grand prestataire de paie du pays. Dans la version de leur étude révisée en août 2026, l’emploi des 22-25 ans dans les métiers exposés à l’IA se situe 19 % en dessous du niveau qu’il aurait atteint s’il avait suivi celui des jeunes des métiers moins exposés. Les salariés expérimentés, eux, ne connaissent pas d’écart comparable, et l’écart passe surtout par moins d’embauches de jeunes, plutôt que par des départs.

Deux détails comptent :

  • le recul se concentre là où l’IA fait le travail à la place des personnes, pas là où elle les aide à le faire ;
  • une explication possible, discutée par les auteurs : l’IA remplace plus facilement les connaissances « de manuel », que les débutants apportent, que l’expérience acquise sur le terrain.

Ce que l’on ne sait pas encore

Ces trois études portent sur le monde entier ou sur les États-Unis. En France, la situation peut être différente : nous suivons les études françaises au fur et à mesure de leur publication. Et personne, ni une étude ni une IA, ne peut prédire le métier exact que tu exerceras dans dix ans. Ce sont des tendances, pas des verdicts.

Ce que tu peux faire dès maintenant

  1. Regarde les tâches, pas seulement le nom du métier. Un métier est un ensemble de tâches : demande-toi lesquelles changent, et lesquelles restent profondément humaines.
  2. Cherche la version du métier qui résiste. Un graphiste qui maîtrise la direction artistique, le dialogue avec le client et les outils d’IA n’a pas le même avenir qu’un graphiste qui exécute seulement des commandes.
  3. Construis des compétences durables : communiquer, coopérer, résoudre des problèmes concrets, et savoir travailler avec l’IA (formuler une demande, vérifier une réponse, protéger ses données).
  4. Accumule des preuves : projets, stages, engagement associatif. C’est ce qui distinguera un débutant d’un autre.
  5. Garde plusieurs pistes. Un plan A, un plan B, un plan C : ce n’est pas manquer d’ambition, c’est être lucide.

En résumé

  • La plupart des métiers vont changer plutôt que disparaître.
  • Certains reculent, d’autres grandissent, souvent dans le soin, le terrain et le numérique.
  • Les débutants devront arriver avec plus que des connaissances de manuel.
  • Rien n’est écrit d’avance : c’est une raison de s’y préparer, pas de s’inquiéter.

Pour voir ce que cela change pour les métiers qui t’attirent, commence par le bilan d’orientation en ligne, gratuit, ou lis notre guide Métiers et IA.

Sources

  1. Organisation internationale du travail (OIT), « Generative AI and jobs: A 2025 update », 20 mai 2025.
  2. Forum économique mondial, « The Future of Jobs Report 2025 », janvier 2025.
  3. Stanford Digital Economy Lab, E. Brynjolfsson, B. Chandar, R. Chen, « Canaries in the Coal Mine? Six Facts about the Recent Employment Effects of Artificial Intelligence (version révisée) », 12 août 2026.

Article écrit par Fabien, coach en orientation.

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